Ah, ah, mais paye ta
journée de psychopathe que je viens de vivre. Nan, parce que là, je
dois vraiment te raconter en quoi Khio n'a rien à voir avec Duperré.
Bon, il a toujours pas neige. Donc, cette semaine ou plutôt jeudi,
je dois exposer avec ma classe. Exposer quoi ? Là, était la
grande question. Je n'avais aucun projet de vraiment abouti, rien qui
correspondait à la problématique des technologies numériques.
Après le mois en autonomie, je ne voulais plus participer à
l'exposition. Avec Élodie, on avait même planifié de partir 5
jours à Rome parce que ça coûtait moins cher que partir 3 jours à
Tromsø. Bref. Jeudi dernier, je vois Hans, lui dis que je ne veux
plus exposer. Il me répond qu'il n'y a même pas moyen que je
n'expose pas, il m’encense, toussa (ouais, ça fait la meuf blasée,
mais en même temps, ici, c'est devenu une habitude) et, si je
n'expose pas, il me séquestrera, la chose est posée. Oui, les
norvégiens ont un humour un peu spécial. Donc, il me reste jusqu’au
lundi prochain pour trouver une idée. Je me torture la tête, rien,
j'en parle autour de moi, toujours rien. On arrive à dimanche soir
et, je commence à désespérer. Finalement, une idée me surgit de
la tête (même si, je dois l'avouer que c'est un peu beaucoup grâce
à Élodie) : mettre mes insectes en situation, pour changer,
mais au lieu de faire des photos, pourquoi pas le faire en vrai,
genre amener la nature dans l'endroit où l'on va exposer. Quelques
croquis plus tard, deux trois questions soulevées, je suis prête à
affronter Hans lundi matin. 9H15, je lui explique mes idées, génial,
il est dedans. Première chose, il faut trouver un support. Pas de
soucis, tu vas dans le département meuble (fourniture en anglais ça
sonne mieux quand même), tu choisis le bois que tu veux, tu le
découpes avec des super machines de la mort qui tue, tellement, tu
t'aurais cru dans un film d'horreur. Tu le ponces, tu l'assembles
avec une cloueuse (ah, ah, c'est trop ouf cette machine, c'est comme
dans destination finale), forcément, y a des trucs qui vont pas. Tu
redémontes ta boite, la recoupes, la reponces, la remontes. C'est
bon, t'as ton support, et tu merci Monsieur Hans. Bon, bien sur,
après faut la peindre, tu vois, et là, Hans te sors, de je ne sais
pas trop où, de l'enduit (bah oui avant de peindre, il faut
enduire), il te montre comment ça marche, au final, il t'enduit
toute ta boite. Puis, bien sur, tu as besoin de branches pour ton
installation, et, innocemment, tu pensais aller en ramasser deux,
trois, près de la rivière. Et non, en Norvège, tu ne fais pas les
trucs à moitié. L’école nous prête un camion et une scie, et
roule ma poule, on va en foret couper du bois. Nan, mais sérieux, où
est-ce que tu as vu ça, une fois dans ta vie ? Bien sur, on a
aussi passé la journée à courir dans toute l’école qui regorge
de portes secrètes et de recoins, c'est mieux qu'un château. Ra la
la mais vla ta journée que je viens de passer. En France, j'aurais
expliquer mon projet, on m'aurait : c'est bien, dermerde toi et
merci (et encore j'suis même pas sûre pour le c'est bien).
Et, pour le même prix,
tellement, je suis généreuse aujourd'hui, jte mets mon texte pour
la présentation de la semaine prochaine, par contre, désolée, mais
c'est en anglais. Et puis, comme c'est Tiff qui m'a demandé de le
faire, elle sera mignonne de pas critiquer ma présentation sur In
design vu que c'est fait en une nuit !
Je vous embrasse.










